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Très largement sous-estimés

Les nématodes méritent beaucoup plus de considération, dans le choix variétal !

Vendredi 23 Décembre 2011

 

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«Le recours à des variétés tolérantes au nématode ne représentait en 2011 que 8 % des emblavements alors que l'infestation des parcelles belges dépasse les 50 %. De fait, plus de 40 % des agriculteurs optent encore pour des variétés classiques – tolérantes à la rhizomanie uniquement – alors que dans beaucoup de cas, le choix d'une variété présentant en plus la tolérance au nématode serait davantage approprié.» Un constat signé André Wauters, de l'Irbab.

Si l'utilisation des variétés tolérantes au nématode a convaincu les agriculteurs qui sont conscients du problème, il reste à conscientiser de très nombreux planteurs de faire un meilleur choix pour leur exploitation, et ce dès les semis 2012.


Le conseil? «En cas de suspicion de présence de nématodes dans des champs de betteraves 2011 (rendement quelque peu décevant, observation en saison de kystes – petites boules de couleur blanche – sur des racines, et/ou de carence en magnésie), il n'y a qu'un seul moyen de lever le doute: l'analyse de sol. Cette analyse se fera idéalement juste après l'arrachage des betteraves, et sur une large profondeur de sol: c'est à ce moment là que les populations de ce ravageur sont les plus abondantes. Et ce n'est que si le résultat de l'analyse se révèle négatif que le semis d'une variété «classique» trouve encore toute sa justification», affirme sans hésitation André Wauters, responsable de l'étude variétale au sein de l'Irbab.


Pour 2012, l'Institut royal belge pour l'amélioration de la betterave recommande vivement de réaliser dans les plus brefs délais des analyses sur les terres qui seront consacrées à la culture betteravière au printemps.


«La présence d'une larve par 100 g de sol représente à elle seule une perte potentielle de 3 kg de sucre/ha.»


 

Une situation très préoccupante en Belgique

Le constat...


«Des statistiques issues de milliers d'analyses ont permis de dresser l'état des lieux quant à la distribution du nématode au sein de la zone de culture betteravière dans notre pays. De Liège à Furnes, aucune région n'est épargnée. Le verdict est interpellant:


1. absence de nématodes: 45 % des champs en Belgique;
2. faible présence de nématodes
 (1 à 200 œufs et larves/100 g de sol) avec pertes de rendement entre 1 et 10 % selon les années: 35 % des champs;
3. forte présence de nématodes (plus de 200 œufs et larves) avec perte de rendement entre 5 et 40 %: 20 % des champs.

... et le choix variétal que recommande l'Irbab
1. pas de nématode dans la parcelle: semis de variétés «rhizomanie»;
2. peu de nématodes dans la parcelle: tester les variétés «rhizomanie + nématode» les plus performantes;
3. beaucoup de nématodes dans la parcelles: semis de variétés «rhizomanie + nématodes» recommandées.

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La génétique en renfort


L'état des lieux évoqué ci-avant révèle clairement que le semis de variétés tolérantes aux nématodes devrait idéalement représenter 20 % de la surface betteravière de notre pays, soit bien plus que les 7 à 8 % actuels!


Pourquoi une telle différence? Selon André Wauters, nombre d'agriculteurs estiment que leurs terres ne sont pas concernées par le problème, ou jugent, le cas échéant, que le potentiel de rendement des variétés offrant la double tolérance rhizomanie + nématode est encore trop distant de celui des variétés classiques. Et dès lors, ils hésitent à franchir le pas.
Cette méfiance n'est plus de mise aujourd'hui. Vu les potentialités énormes que représente le marché des betteraves tolérantes au nématode en Europe, les maisons de sélection ont été très actives dans ce domaine et les recherches portent leurs fruits.


«Actuellement, les meilleures variétés doubles tolérantes se révèlent pratiquement aussi performantes que les variétés classiques ( - 2 %), et le futur proche est encore plus prometteur: en 2011, en première année d'essais officiels à l'inscription (en vue d'une commercialisation en 2013), plusieurs variétés doubles tolérantes rhizomanie + nématodes se sont montrées plus productives en sol sain que les variétés classiques.»


Par ailleurs, face à l'énorme difficulté de trouver encore aujourd'hui, à des fins expérimentales, de grandes parcelles indemnes de nématode,  aussi bien en Hesbaye, que dans le Hainaut et dans les Flandres, le groupe technique interrégional réunissant les comités wallon et flamand pour l'inscription des variétés au catalogue a proposé qu'à très brève échéance les essais officiels soient réalisés dans les mêmes champs, que ceux-ci soient infestés ou non. Autrement dit, la tolérance aux nématodes deviendra, à l'instar de la résistance à la rhizomanie, une caractéristique indispensable à toute nouvelle variété.


Notons enfin que les variétés tolérantes au nématode représentent plus de 20 % des semis aux Pays-Bas et plus de 10 % en France. Une situation qui ne tient pas à une présence plus sévère du parasite chez nos voisins, mais à une conscientisation plus significative des agriculteurs, plus habitués à faire procéder à l'analyse de leurs terres.


M. de N.


 

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