Le commissaire européen à l'Agriculture veut des critères d'attribution des aides plus objectifs et plus réalistes
Jeudi 22 Juillet 2010
Lundi 19 et mardi 20 juillet derniers s'est tenue à Bruxelles une conférence internationale sur l'avenir de la politique agricole européenne après 2013. Celle-ci intervient après un débat public mené en début d'année via internet.
A la fin de cette conférence, le commissaire européen à l'Agriculture Dacian Ciolos a déclaré qu'il allait bientôt présenter une communication sur l'avenir de la politique agricole commune, de manière à ce qu'une proposition de réglementation puisse être avancée d'ici à la fin de l'année. Dans son discours de clôture de la conférence, le commissaire européen a plaidé notamment pour l'instauration de critères plus objectifs et plus réalistes pour l'attribution des aides agricoles. Pour lui, il s'agit d'une nécessité absolue.
Dacian Ciolos a par ailleurs souligné le fait que lors de la conférence ainsi que pendant le débat public, de nombreuses facettes de la politique agricole ont été abordées: sécurité alimentaire, environnement, changement climatique, emploi, volatilité des marchés. A côté de cela, une dimension a émergé avec plus de force que par le passé: l'importance territoriale de l'agriculture ou plutôt des agricultures européennes. La PAC doit permettre de préserver l'équilibre des territoires et le lien entre territoires et productions, a-t-il déclaré.
Lors des débats, observe-t-il par ailleurs, il y a eu une convergence de vue sur la nécessité de réformer la PAC. Mais tout le monde ne voit pas cette réforme de la même façon. Certains mettent les défis économiques au premier plan tandis que d'autres sont plus sensibles aux problématiques environnementales.
Dacian Ciolos veut trouver un équilibre entre ces points de vue: «L'Europe agricole doit être vraiment verte, mais l'Europe verte doit être ambitieuse pour son agriculture. Nous devons rechercher les équilibres naturels et, dans ce cadre, rechercher la performance économique».
Le débat public a mis en avant le fait que les aides à l'agriculture doivent permettre de réconcilier approche économique, approche environnementale, approches sociale et territoriale, relève encore le commissaire européen. «Les agriculteurs n'ont pas à rougir parce qu'ils sont soutenus par des fonds publics», a-t-il déclaré. «Ces soutiens répondent aux besoins d'un secteur très particulier qui fait face à des défis majeurs».
Pour Dacian Ciolos, ces soutiens doivent cependant être mieux répartis, mieux ciblés et plus lisibles. Cependant, il ne peut ou ne veut pas encore dire comment.
«Appliquer un taux uniforme a pu paraître séduisant pour certains», a-t-il déclaré. Mais pour lui, ce n'est pas une bonne idée: «Je pense que l'équité, ce n'est pas l'égalité».
Pour le commissaire européen, maintenir des critères historiques n'est pas non plus une bonne option. «Nous devons bâtir sur des critères objectifs et réalistes: le type d'exploitation, le contexte socio-économique, climatique et environnemental dans lequel s'inscrit le travail des agriculteurs».
«Une chose est claire, ajoute-t-il: nous ne pouvons pas perpétuer un système qui n'accorde pas des droits similaires à des catégories d'exploitation agissant dans des conditions similaires».
Le commissaire européen s'est dit favorable par ailleurs au maintien des 2 piliers de la PAC: le premier pilier en tant que soutien de l'ensemble des agriculteurs européens sur une base annuelle pour des résultats quantifiables et visibles annuellement, le second pilier pour l'évolution des filières et des territoires, y compris sur le plan environnemental.
Dacian Ciolos relève par ailleurs 7 défis à relever pour l'avenir de la PAC:
- l'Union européenne n'est pas une île isolée du monde. La mondialisation constitue un défi transversal;
- le défi alimentaire dans un contexte de croissance de la population mondiale;
- le défi environnemental avec, en particulier, la préservation de la qualité des sols et de l'eau ainsi que le maintien de la biodiversité;
- le défi économique, avec la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention des risques et de gestion des crises;
- le défi territorial, pour une utilisation par l'agriculture des spécificités territoriales;
- le défi de la diversité des agricultures dans une Europe élargie;
- et enfin le défi de la simplicité, «car pour être forte, la PAC doit être simple et compréhensible», conclut Dacian Ciolos.
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