Accès membre

Identifiant (e-mail) :
Mot de passe :

Inscription | Mot de passe oublié

Le Club Sillon

Vous êtes ici : HOME  > Actu > Economie > La crise économico-financière laisse des traces

Indice de confiance agricole du Crédit Agricole

La crise économico-financière laisse des traces

Vendredi 23 Juillet 2010

 

Malgré la (légère) amélioration observée sur certains marchés, les conséquences de la crise économico-financière se font toujours ressentir sur le secteur agricole. Alors qu'en 2009, les agriculteurs avaient toujours espoir que la crise soit de courte durée, ils sont aujourd'hui de plus en plus nombreux à en douter. Cela se traduit par une baisse de l'indice de confiance des agriculteurs en Flandre et une stabilisation à un bas niveau en Wallonie.

Tels sont quelques-uns des enseignements que Luc Versele, CEO du Crédit Agricole, a tiré de la 4e édition de l'indice de confiance agricole que vient de faire réaliser le Crédit Agricole au moyen d'une enquête menée auprès de 1.200 agriculteurs entre le 8 et le 30 avril 2010. Au total, 752 agriculteurs flamands et 500 agriculteurs wallons pratiquant différentes spéculations ont été interrogés.


Confiance en baisse
L'indice de confiance est calculé à partir des réponses à 6 questions de base, auxquelles s'ajoutent une série d'autres questions. L'indice peut varier entre 0 et 100, le niveau 50 correspondant à la moyenne.
Lors du premier sondage de l'indice de confiance des agriculteurs en 2007, le résultat était de 53 en Flandres et de 48 en Wallonie.
Par après, l'indice n'a fait que baisser. L'an dernier, il n'était plus que de 31 en Wallonie et de 40 en Flandre.?Cette année, l'indice s'est stabilisé en Wallonie et il a légèrement fléchi en Flandre jusqu'à atteindre le niveau de 37. Depuis sa première évaluation en 2007, l'indice a donc fléchi de 16 à 17 points pour les 2 régions.
Dans les régions agricoles où l'élevage joue un rôle important, la confiance est restée égale ou a même augmenté par rapport à l'année dernière. C'est le cas, entre autres, en Campine (40), dans la Région sablonneuse (39), dans les Ardennes (33) et la Région herbagère (33). Ceci contraste avec les régions où dominent les grandes cultures, comme les Polders (38), la Région sablo-limoneuse et la Région limoneuse (31), où la chute est nettement perceptible.
La diminution du nombre de projets d'investissement en particulier a un impact significatif sur le résultat de l'indice de confiance par comparaison avec l'année dernière, et ce aussi bien en Flandre qu'en Wallonie. Par ailleurs, en Flandre, où l'on est moins disposé à recommander ce métier ou à choisir à nouveau cette profession, la baisse de l'indice de confiance est due à ces facteurs. En Wallonie, l'insatisfaction croissante quant à la situation financière explique que l'indice de confiance n'a pas augmenté en 2010.
Le fossé entre les entreprises mixtes et spécialisées se comble tandis que l'écart entre les sociétés et les personnes physiques se creuse.
Affichant toutes deux un indice de confiance de 37, les entreprises mixtes et spécialisées ne se différencient plus en Flandre. En Wallonie, l'écart de 8 points entre les deux groupes en 2009 a diminué pour s'établir à 4 points, principalement à la suite d'une diminution de 3 points de l'indice de confiance des entreprises spécialisées, ce qui, à son tour, peut s'expliquer par la baisse de confiance chez les producteurs de grandes cultures spécialisés.
Les éleveurs de porcs affichent l'indice de confiance le plus élevé (37), malgré un recul de 3 points. Dans les grandes cultures également, la confiance diminue de 3 points, à 32 points. La baisse la plus sensible est cependant constatée dans l'horticulture, où l'on enregistre un recul de 41 points à 36.
Les éleveurs de vaches laitières voient l'avenir avec un peu plus d'optimisme grâce à la hausse des prix constatée depuis la fin de 2009. Leur indice de confiance a augmenté de 38 à 42 points. Leurs collègues francophones sont moins optimistes, leur indice de confiance restant stable par rapport à l'année dernière.
Les entreprises exploitées sous forme de société représentent une petite minorité dans la population agricole. En Flandre, la différence entre sociétés et personnes physiques s'est nettement accrue, l'indice de confiance des entreprises exploitées en personne physique s'établissant à 37 points et à 45 points pour les sociétés, contre respectivement 39 et 40 points l'année dernière. Les sociétés wallonnes également conservent en 2010 une plus grande confiance que leurs collègues exploitant leur entreprise en tant que personne physique. Avec un indice de confiance de 41 points par rapport à 31 points, le fossé est comparable à la situation observée en 2009.
Les entreprises avec un successeur affichent un indice nettement plus élevé. En Flandre, les chefs d'entreprises qui sont en activité depuis plus de 20 ans affichent l'indice le plus bas, comme les années précédentes. En Wallonie, l'écart est moins net.

Davantage d'agriculteurs découragés
Les agriculteurs flamands, tout comme les agriculteurs wallons, restent insatisfaits de leur profession, et ce sentiment s'est encore accentué par rapport à 2009. 60% d'entre eux en Flandre et 77% en Wallonie jugent le métier d'agriculteur comme mauvais ou moins bon par rapport à respectivement 57% et 75% l'année dernière. De même, le résultat financier suscite plus de réserves que l'an dernier.
En Flandre, 76% des agriculteurs se déclarent insatisfaits du résultat financier obtenu. En Wallonie, cette estimation est encore plus négative: le pourcentage atteint ici 83%. Compte tenu de ces chiffres, personne ne s'étonnera que seuls 25% des agriculteurs flamands et 22% des agriculteurs wallons recommandent le métier à leurs enfants ou à leurs connaissances.

Moins de propension à investir
L'année dernière le secteur agricole caressait encore l'espoir que la crise économique et financière serait de courte durée. A présent, le découragement s'installe en raison de la persistance de ces problèmes.
L'évolution des projets d'investissement apporte la preuve suivante: alors que l'année dernière, l'on observait une chute sensible des projets d'investissement à court terme, cette année ce sont les projets d'investissement à long terme qui connaissent le même sort.
En Flandre, 34% des agriculteurs déclarent avoir des projets d'investissement à long terme, soit un recul de 6% par rapport à 2009. En Wallonie, la propension à l'investissement est encore moindre: seulement 23% des agriculteurs projettent d'investir dans les 5 années à venir, soit une diminution de 14% par rapport à 2009. La propension à l'investissement à court terme reste assez stable par rapport à 2009.
Les projets d'investissement en Flandre comprennent des projets plus diversifiés. Quasi toutes les destinations possibles sont mentionnées plus fréquemment qu'en 2009, avec l'augmentation la plus marquée dans l'achat de matériel, les quotas de production, l'achat de terres ainsi que dans les projets d'énergie renouvelable.
En Wallonie également, les projets d'investissement s'orientent le plus dans l'achat de matériel, l'achat de terres ainsi que dans les projets de production d'énergie.
La construction de bâtiments reste en Flandre comme en Wallonie l'investissement principal projeté.


Besoin de liquidités
La baisse des prix de vente est la cause principale des résultats financiers médiocres enregistrés dans le secteur
La poursuite de la baisse des prix de vente, principalement des céréales, du lait, des produits horticoles et des betteraves a débouché sur une diminution des revenus dans l'agriculture et l'horticulture au cours de l'année écoulée. Deuxième facteur négatif en ordre d'importance de la baisse des revenus: les coûts de production encore toujours élevés. Le recul des revenus a provoqué, comme l'année dernière, des problèmes financiers dans pas mal d'entreprises, mais auprès de moins d'agriculteurs qu'en 2009.
Le nombre d'agriculteurs qui connaissent des problèmes financiers demeure considérable : en Wallonie  45% d'entre eux déclarent avoir eu affaire à des problèmes financiers, contre 53% in 2009. En Flandre, la situation financière des agriculteurs est un peu meilleure: 1 agriculteur sur 4 a été confronté à des problèmes de trésorerie.
Pour faire face à leurs problèmes financiers, les agriculteurs de Flandre et de Wallonie font appel en premier lieu à leurs réserves financières, avant de faire des économies sur leurs dépenses privées, de reporter leurs investissements ou d'essayer de réduire leurs coûts de production.
Chose également remarquable: alors qu'en 2009, les agriculteurs demandaient plutôt de prolonger les  délais de paiement à leurs fournisseurs que de négocier un crédit complémentaire auprès de leur banque, c'est l'inverse qui se produit actuellement. Cela prouve que même les fournisseurs ont adopté une attitude plus stricte dans le suivi de leurs finances à la suite de la crise économique.


Une activité à risque
La volatilité des prix, le manque de clarté des lois et réglementations, ainsi que les risques de production, comme une récolte ratée, expliquent que les agriculteurs considèrent leurs activités comme étant à risque. Ici également, l'écart est significatif entre les deux régions: 41% des agriculteurs flamands considèrent le risque lié aux revenus dans l'agriculture et l'horticulture comme élevé à très élevé, tandis que ce pourcentage atteint 67% en Wallonie
Pour se protéger contre les risques qui affectent ses revenus, l'agriculteur flamand reporte ses investissements, s'assure contre d'autres risques que les risques de production, constitue des réserves financières, opte pour un taux d'intérêt fixe.
Son collègue wallon préfère en premier lieu conclure des assurances, rechercher d'autres revenus issus d'activités non agricoles ou de la diversification, et choisir ensuite de reporter ses investissements.

 
L'Europe
La moitié des agriculteurs flamands et wallons considèrent le niveau européen comme le plus déterminant pour le secteur. Les agriculteurs attendent beaucoup de la politique agricole européenne après 2013.
Cependant, les agriculteurs belges sont sceptiques quant à l'impact qu'aura la Présidence belge sur l'avenir de la politique agricole européenne: 3 agriculteurs sur 4 pensent que la Belgique a trop peu d'influence en Europe.
En Flandre, les agriculteurs mettent l'accent sur la préservation des stocks de denrées alimentaires pour la population européenne, produites en privilégiant la sécurité alimentaire, la qualité, l'environnement et le bien-être des animaux. Par ailleurs la sauvegarde des revenus par le biais de mesures directes de soutien  des revenus et la protection des marchés par le biais de taxes à l'importation sont des thèmes importants pour les agriculteurs flamands.
En Wallonie également, la préservation des stocks de denrées alimentaires en prêtant attention à la sécurité, à la qualité, au bien-être des animaux et à l'environnement est considérée comme l'objectif principal de la PAC future. La réglementation du marché de l'UE par le maintien des quotas de production et la préservation des revenus par des mesures de soutien directes sont les principaux points des agriculteurs wallons.


Fierté du métier
Et Luc Versele de conclure : «La persistance de la conjoncture négative explique les difficultés que rencontrent les agriculteurs sur le plan financier et leur découragement face à la situation dans l'agriculture et l'horticulture», conclut Luc Versele, CEO du Credit Agricole, lors de la présentation des résultats de l'enquête à la foire de Libramont. On déplore aujourd'hui que moins d'un agriculteur sur quatre veuille recommander son métier à ses enfants ou à des connaissances, alors que les agriculteurs sont connus pour la fierté qu'ils ont de leur métier.
Pour Luc Versele, le défi majeur pour le secteur est d'apprendre à vivre avec une volatilité croissante des prix et d'essayer de limiter les conséquences de ces fluctuations sur leurs revenus. On observe dans ce cadre deux évolutions: «d'une part, les entreprises qui essaient de réduire leurs coûts de production par une spécialisation plus poussée et, d'autre part, les entreprises qui essaient de répartir le risque pesant sur leurs revenus dans l'agriculture et l'horticulture par un élargissement vers d'autres activités».
M. Versele a encore ajouté que dans ce contexte particulièrement difficile pour les agriculteurs, le Crédit Agricole continue à soutenir le secteur, notamment en accordant des facilités de paiement et des crédits de soudure.

Rss  Imprimer  Envoyer à un ami  Changer la taille des caractères

Vos réactions

Laissez votre commentaire :

Edition membre du club Sillon

Vous êtes déjà abonne ? Devenez membre du Club Sillon gratuitement!

 

Service de garde vétérinaire

Si vous avez besoin de service vétérinaire et que votre vétérinaire traitant habituel est absent, un service de garde est assuré.

Sélectionnez votre région et contactez l'un des vétérinaires de garde.

 

Restez connectés

Facebook Twitter Rss Newsletter
Publicités de Google:

Envoyer un e-mail

Votre email :
Votre prénom :
Votre nom :
Votre commentaire :
Email de votre ami :