
Les différents critères retenus étaient les suivants: le mémoire contribue-t-il à mieux faire connaître la réalité agricole? Peut-il déboucher sur des résultats qui puissent être utilisés à court, mais aussi à long terme? Peut-il contribuer à faire mieux connaître l'agriculture auprès du grand public et ainsi améliorer l'image de l'agriculture?
En comparant les travaux retenus, le jury a donc surtout prêté attention au fait que, au sein du modèle d'agriculture durable, la priorité est donnée aux solutions acceptables économiquement, non seulement pour le secteur agricole primaire, mais également pour les secteurs en amont et en aval. Sans perdre de vue l'aspect écologique et social.
A côté des critères déjà évoqués, le jury a également tenu compte de la valeur scientifique des mémoires, en fonction évidemment de la spécialisation.
Quatre gagnants francophones
Ci-après, nous présentons brièvement les travaux qui ont été distingués par le crédit agricole du côté francophone.
Anne Van Landschoot: Incidence de certains modes d'alimentation sur l'autonomie alimentaire des exploitations laitières wallonnes
Pour la promotion 2009-2010 et dans la catégorie master ingénieur industriel en agronomie, le prix est décerné à Anne Van Landschoot, qui a étudié à la Haute Ecole Charlemagne, Institut supérieur industriel agronomique de Huy-Gembloux.
Son travail de fin d'étude porte sur l'incidence de certains modes d'alimentation sur l'autonomie alimentaire des exploitations laitières wallonnes
Cette étude analyse l'impact de trois modes d'alimentation du bétail sur l'autonomie de l'exploitation en termes de production d'énergie, de protéines via les fourrages et leur impact sur le prix de revient du lait.
D'abord, le système zéro-grazing qui concerne avant tout des exploitations spécialisées avec une moyenne laitière supérieure à 9.000 l.
Ensuite, le système «herbe» dont les exploitations sont localisées dans les régions herbagères.
Enfin, le système «Maïs» de type polyculture-élevage qui se caractérise par une forte autonomie énergétique.
En synthèse, une plus grande autonomie alimentaire permet de mieux maîtriser ses coûts de production. Mais, aucune conclusion ne peut être établie entre l'autonomie alimentaire et l'aspect économique de la production laitière. Il faut, par ailleurs, également tenir compte des aspects spécifiques de la région agricole concernée.
Marie Castelain: Enquête sur la gale bovine en Wallonie: état des lieux et mise en évidence des facteurs de risque
Pour la promotion 2010-2011 et dans la catégorie master ingénieur industriel en agronomie, le prix est décerné à Marie Castelain qui a étudié à la Haute Ecole Charlemagne, Institut supérieur industriel agronomique de Huy-Gembloux. Son mémoire concerne une enquête sur la gale bovine en Wallonie: état des lieux et mise en évidence des facteurs de risque.
La gale bovine présente principalement dans les élevages BBB est une maladie parasitaire de la peau causée par des acariens. Elle est particulièrement contagieuse et soumise à une déclaration obligatoire. Son impact économique au niveau de nos fermes est très important
La recherche a été réalisée en deux parties: une enquête envoyée à 1.515 exploitations à laquelle 415 exploitants ont répondu, et l'analyse des grattages cutanés avec les facteurs prédisposant à la gale.
Les résultats de l'étude statistique réalisée mettent en évidence 8 facteurs de risque: 1. le cheptel viandeux est plus à risque que le cheptel laitier; 2. la race BBB de type culard est plus atteinte que les autres races viandeuses; 3. la concentration du troupeau influence les conditions de vie en étable; 4. le fait que les tontes ne soient pas réalisées de façon groupée; 5. la tonte limitée aux animaux atteints; 6. le traitement curatif, donc trop tardif, accroît la population d'acariens et le risque de lésions; 7. les contacts entre le bétail sain et le bétail; 8. les dosages en zinc sont significativement plus faibles chez les bêtes atteintes.
Samuel Comps: Etat des lieux de la vente directe et en circuits courts des produits agricoles en province de Namur
Pour la promotion 2009-2010 et dans la catégorie Master bioingénieur en sciences agronomiques, le prix est décerné à Samuel Comps qui a étudié à Gembloux Agro-Bio Tech, université de Liège.
Le travail de fin d'études de Samuel Comps porte sur un état des lieux de la vente directe et en circuits courts des produits agricoles en province de Namur
La vente directe et en circuits courts constitue un mode de production et de commercialisation qui rapproche producteurs agricoles et consommateurs tant d'un point de vue géographique qu'en termes de contact direct. Ils peuvent prendre dans nos régions des formes variées selon le degré d'associations.
L'enquête dresse une liste des difficultés rencontrées, liées au montant des investissements financiers et à l'intensité du travail.
L'étude montre aussi que les exploitations, qui ont choisi ce canal de vente, offrent un spectre de situations très hétérogène. Par ailleurs, elles commercialisent leurs produits de façon viable.
Dans le cadre de la viabilité des plus petites exploitations et de la durabilité de notre agriculture, les circuits en vente directe à titre individuel ou éventuellement en collectivité peuvent certainement être une réponse aux souhaits des consommateurs en terme de production différenciée et d‘image de l'agriculteur dans son terroir.
L'auteur estime que la Wallonie devrait mettre en place un label, une marque déposée pour ces produits locaux afin d'améliorer la visibilité de ces produits, de telle sorte que le grand public puisse mieux les identifier par rapport aux autres produits de l'industrie agro-alimentaire.
Romain Kinet: Production d'un starter cellulolytique anaérobique pour sa valorisation en alimentation animalePour la promotion 2010-2011 et dans la catégorie Master bioingénieur en sciences agronomiques, le prix est décerné à Romain Kinet qui a étudié à Gembloux Agro-Bio Tech, université de Liège.
Son mémoire de fin d'études, en 2011, s'intitule: Production d'un starter cellulolytique anaérobique pour sa valorisation en alimentation animale.
Depuis plusieurs années, les productions avicoles se développent en Wallonie et en Belgique. Cette production passe par la consommation d'aliments composés jusqu'à 70% de céréales (froment-maïs), gros fournisseurs d'amidon et donc de molécules sucrées.
Ce travail de recherche porte sur la possibilité de réduire la consommation des céréales au profit de sous-produits complétés par des enzymes disponibles chez les ruminants. Il s'incrit parfaitement dans le contexte actuel de compétition pour l'utilisation des céréales entre l'alimentation humaine et l'alimentation animale, renforcée encore par l'utilisation de céréales dans la fabrication de bioéthanol.
Grâce à leur flore intestinale, les ruminants sont capables de valoriser la cellulose et de produire des molécules glucosées. Ces molécules sont de même composition que celles nécessaires à l'alimentation des volailles.
Le travail a pu confirmer d'une part, que les enzymes présentes dans le rumen d'un bovin peuvent survivre à des conditions in vitro rencontrées dans le système digestif du poulet. D'autre part, que la bactérie de la flore ruminale sélectionnée a été mise en culture en bioréacteur. Les enzymes, qui ont été produites, ont confirmé leur activité permettant la transformation de sous-produits cellulosiques en produits utilisables par les volailles.
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